Pourquoi acheter des NFT ? Ce que ça dit de nos choix de consommation
Pourquoi acheter des NFT séduit encore certains ? Un éclairage sur ce placement numérique, ses risques et ce que le réemploi local propose à la place.

Dans cet article5 parties
Du côté des associations du pays de Léon, on entend de plus en plus parler des NFT. Un voisin, un neveu, quelqu’un qui en a acheté un « pour voir ». Et presque toujours, la même question revient : à quoi ça sert, concrètement ?
Avant d’y répondre, un détour s’impose. Car la question derrière la question, c’est souvent celle-ci : où va l’argent qu’on met dans un achat, et qu’est-ce qu’on en retient vraiment ? C’est une interrogation qu’on retrouve aussi dans le choix des vêtements made in France, où l’on préfère savoir qui a cousu la pièce plutôt que de payer pour une image sans origine.
Pourquoi les NFT séduisent encore certains acheteurs
Le principe tient en une phrase : un NFT, c’est un certificat numérique unique, enregistré sur une blockchain, qui prouve qu’on possède un fichier (une image, une vidéo, parfois une œuvre d’art numérique). On ne possède pas l’objet physique. On possède la preuve qu’on en détient une version numérotée.
Certains y voient un placement. D’autres, une façon de soutenir un artiste qu’ils suivent. Les deux motivations existent, et elles ne se valent pas de la même manière selon ce qu’on en attend.
Sur le papier, l’idée a du sens : un marché mondial, accessible depuis un téléphone, où chacun peut acheter une part d’une œuvre numérique. Dans les faits, il faut regarder d’un peu plus près ce que ce marché a réellement produit ces dernières années.
Un placement numérique, pas un vêtement qu’on porte
C’est là que je tranche, et je le dis sans détour : acheter un NFT, ce n’est pas acheter un objet qu’on utilise. On ne le met pas sur le dos, on ne s’en sert pas dans la cuisine, on ne le prête pas à un voisin qui en a besoin pour une soirée. C’est un fichier, une ligne de code, une image qu’on peut d’ailleurs voir gratuitement en faisant un clic droit.
Ce n’est pas un jugement moral. C’est une différence de nature. Un pull en laine tenu dix ans se porte, se répare, se transmet. Un NFT se garde dans un portefeuille numérique, et sa valeur dépend entièrement de ce qu’un autre acheteur voudra bien payer demain.
Le marché des NFT a connu un pic très net en 2021, puis une chute durable des volumes d’échange dans les années suivantes. Beaucoup d’acheteurs de la première heure se retrouvent aujourd’hui avec des fichiers invendables, faute d’acheteurs en face.
Ce que cette mode dit de nos priorités d’achat
Ce qui m’intéresse, dans cette histoire, ce n’est pas tant le NFT que ce qu’il révèle. On a cherché, pendant quelques années, à faire de l’achat numérique une nouvelle forme de statut social. Un peu comme on l’a fait avec certaines marques de vêtements, avant que le made in France et le circuit court ne reviennent sur le devant de la scène.
Pourquoi acheter des NFT : volume de recherche
40 recherches mensuelles pour « pourquoi acheter des nft », selon Haloscan — un intérêt réel, mais loin des recherches sur l’achat local ou l’occasion.
Dans le quartier, les initiatives qui marchent sur la durée sont rarement celles qui promettent un gain rapide. Ce sont les ateliers, les échanges entre voisins, les choses qu’on fait ensemble et qu’on peut toucher. Du côté des associations locales, on le constate chaque mois : une initiative simple à rejoindre tient plus longtemps qu’un effet de mode.
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Si je devais conseiller un usage de son argent plutôt qu’un autre, je dirais : regardez ce qui se répare, se réutilise, se transmet. Un atelier de couture solidaire redonne une seconde vie à des vêtements qu’on allait jeter. On en ressort avec quelque chose qu’on porte vraiment, pas avec une ligne dans un portefeuille numérique.
Même logique pour les circuits courts et les échanges entre voisins recensés en solidarité locale : on sait d’où vient ce qu’on achète, on connaît la personne qui le propose, et l’argent reste sur le territoire. Ce n’est pas spectaculaire. C’est juste solide.
Cela ne veut pas dire que le numérique n’a aucune valeur. Certains artistes vivent réellement de la vente de leurs œuvres en NFT, et c’est une façon légitime de les soutenir. Mais soutenir un créateur qu’on suit depuis longtemps et spéculer sur un fichier à la mode, ce sont deux démarches différentes. Le mélange des deux, c’est ce qui finit par décevoir.
Le risque à bien mesurer avant d’investir
Un investissement en NFT expose à une perte partielle ou totale de la somme engagée. C’est écrit, noir sur blanc, partout où ce marché est sérieusement documenté, et ça vaut la peine de le relire une fois avant tout achat.
C’est le genre de détail qu’on néglige au moment de l’achat, et qui change tout quelques mois plus tard, quand le fichier qu’on a payé 200 euros n’intéresse plus personne.
Mon avis, pour qui me le demande : avant de mettre de l’argent dans un NFT, posez-vous la question de ce que vous préférez vraiment posséder. Un fichier numérique dont la valeur dépend du prochain acheteur ? Ou un vêtement cousu près de chez vous, qu’on peut porter, réparer, et garder dix ans sans se demander s’il vaut encore quelque chose ?
Un NFT, c’est la même chose qu’une cryptomonnaie ?
Non. Une cryptomonnaie se divise et s’échange comme une monnaie. Un NFT est unique : chaque jeton correspond à un fichier précis, non interchangeable avec un autre.
Peut-on revendre un NFT facilement ?
Seulement s’il existe un acheteur en face. Depuis la baisse du marché, de nombreux NFT restent invendus pendant des mois, voire ne retrouvent jamais d’acheteur.
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